Voila c’est dit. Désormais la mission principale du bon citoyen Européen est de se
préoccuper avant toute chose de la bonne santé des marchés boursiers et d’accepter tous les sacrifices qui pourraient calmer momentanément les spasmes spéculatifs de l’hydre financier qui a
planté ses crocs en Europe.
Le message est martelé en boucle par les habituels journaux papivores et autres
chroniqueurs compassionnels - étrangement fort peu critiques à ce sujet - plus enclins que jamais à effrayer les peuples sur l’air de « Si nous ne rassurons pas les marchés, le monde
s’écroulera sous nos pieds ».
En guise de réponse, au lieu de riposter dans l’intérêt des peuples en vertu du principe
démocratique qui les a mené au pouvoir, l’aristocratie politique française préfère « lâcher » ses concitoyens et faire allégeance aux agences de notation.
Sans courage politique, ils se départissent sur l’Europe et plaident désormais pour un
renforcement des pouvoirs communautaires. En clair : Ils appellent à la mise sous tutelle des politiques économiques nationales par le pouvoir Européen, tant décrié dans le passé mais
aujourd’hui appelé à la rescousse, pour l’occasion.
Pourtant tout le monde n’est pas perdant dans cette affaire.
Plus les choses vont mal pour les français, meilleur c’est pour Sarkozy 2012 !
Eh oui, quand la panique savamment préparée par une
« communication adaptée » de l’Elysée gagne la majorité de la population, c’est bon pour l’image du candidat Sarkozy. Peu importe alors ce que l’on a fait ou dit la veille ou
l’avant-veille, peu importe que l’on se contredise, peu importe que l’on soit à l’origine des malheurs que l’on prétend ensuite soulager : le tout est, au bon moment, de donner le change, d’apparaître comme le capitaine qui tient fermement
la barre, bref de donner l’illusion que, dans ces circonstances,
on est l’homme de la situation.
D’ailleurs le puissant service communication de l’Élysée a déjà distribué les fiches de
rôles et les « portes flingues » du gouvernement y vont de concert pour construire une image « churchillienne » du candidat Sarkozy 2012. A l’image de Pétain en 1940, Sarkozy 2012 souhaite dorénavant apparaitre comme le sauveur suprême de la patrie, le père bienveillant de la rigueur
malgré lui, courageux et dévoué, au service des pauvres français dans la tourmente. Un registre qu’il affectionne particulièrement et qui flatte sa nature profonde.
Bien évidemment, la réalité est toute autre et Sarkozy 2012 sait qu’il ne peux rien attendre de son bilan calamiteux de 5 ans
d’agitation politique erratique et inefficace. Mais dans cette entreprise d’hypnotisation collective, le mécanisme de manipulation des communicants de l’Elysée joue de ce qu’un peuple qui a peur
a la mémoire courte. Dès lors, lorsque le bateau coule, ce même peuple
est prêt à se raccrocher à la première planche pourrie qui surnage. Et ça marche !
Donné battu dans tous les sondages, Sarkozy 2012 remonte son score avec l’aide de ses
amis : patrons des instituts de sondages, éditorialistes compromis d’une presse à la botte et autres présentateurs de télévision sous contrôle. L’ensemble installe Sarkozy 2012 dans la
lignée des personnages légendaires qu’affectionnent particulièrement les Français : ceux « donnés perdants » qui s’accrochent envers et contre tous pour rattraper le leader et finalement le battre sur le
fil.
Pourtant, ce qui se profile en filigrane s’apparente à un abandon manifeste à l’Allemagne
de la souveraineté de la France et le soin pour Berlin de diriger la politique économique et monétaire de l’Europe. Comme pour des incapables que l’on place sous
curatelle.
Ce hold-up et ce recel de démocratie menés en catimini par
Nicolas Sarkozy en dépit du peuple - qui n’a pas eu son mot à dire - ne fera qu’attiser son ressentiment vis-à-vis d’un personnel politique déjà déconsidéré. Sarkozy 2012 le sait très bien mais
espère secrètement être épargné par son nouvel habit de « super héros » sauveur du monde, libérateur de la Lybie, ami de Barack Obama et des peuples opprimés.
Plus grave, en jouant avec les allumettes près des bouteilles
de gaz, Nicolas Sarkozy prend le risque fou de ranimer en France un sentiment anti-Allemand qui ne manquera pas d’enfler au fur et à mesure de la mise en œuvre des différentes vagues d’austérité
conçus outre-Rhin. On voudrait augmenter les tensions entre les nations et
les peuples européens que l’on ne s’y prendrait pas mieux…
Alors ne vous y trompez pas, quand Sarkozy s’agite, quand
Sarkozy est partout, quand Sarkozy s’occupe de tout, en réalité, rien n’a changé depuis 2007, un seul sujet l’intéresse : Lui-même.
Publié dans : Prises de position
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Par Mouvement Democrate Viroflay
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Dimanche 20 novembre 2011
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