A en croire les discours ambiants, Il y aurait une urgence démographique liée à l’allongement de la vie, qui rendrait incontournable de mettre à la casse le
système de répartition sur lequel s’appuie le régime de retraites actuel.
En réalité, c’est essentiellement l’aggravation permanente des déficits publics et la stagnation salariale qui sont la cause profonde des déséquilibres
chroniques des régimes de retraite. Une opportunité pour le gouvernement de réaliser le vieux rêve de François Fillon : abattre le système par répartition pour privatiser les retraites au
profit de la capitalisation. Tout cela, évidemment, sur le dos des salariés. Explications.
Si à partir d’aujourd’hui l’économie française connaissait une croissance de 1,7 % par an – on peut rêver - la richesse nationale doublerait au bout de 40
ans. En 2009, le PIB de la France a été de 1607 milliards. La richesse nationale augmenterait donc d’environ 1600 milliards à l’horizon 2050.
Parallèlement, les chiffres de la démographie indiquent que la population des retraités va passer de 13 millions en 2007 à 21 millions en 2050. Soit une
augmentation de 63%.
Dans ces conditions, il y aurait largement de quoi financer les retraites de demain sans mettre à bas le système par répartition qui a fait ses
épreuves.
Cette réalité des chiffres vous est cachée ou embrouillée dans un galimatia gouvernemental technocratique obscur qui vise à installer dans les esprits le
slogan simpliste, mais pratique :
Demain, plus de retraités = il faudra travailler plus longtemps
Nicolas Sarkozy et ses amis des affaires font exactement ce qu’il faut pour amener les français à ce seul choix :
Premièrement, en France, de plus en plus, on peut créer de la richesse sans créer d’emplois. C’est un choix politique du gouvernement, démontré par le zèle
avec lequel l’argent publique a été mis à disposition des banques en 2008, alors que dans le même temps on laisse fermer un à un les sites industriels partout en France.
Deuxièmement, la « politique » d’endettement massif et de ruine de la France de Nicolas Sarkozy est totalement à contrepoint de ce qu’il faudrait
faire pour pérenniser le système par répartition.
Troisièmement, on nous présente comme un postulat indiscutable que le budget des pensions des retraités devrait être exclusivement équilibré par les
cotisations des salariés et de leurs employeurs. Alors même que le gouvernement fait tout pour banaliser la valeur travail et la réduire à sa dimension de ressource. Comme une matière première
dont le cours d’achat fluctue en fonction de l’offre et de la demande.
Dans de telles conditions, Nicolas Sarkozy et ses amis ont bon rôle de se présenter comme les héros qui versent de
l’eau sur la maison en feu, alors qu’ils l’ont eux même enflammée.
Publié dans : Les débats de société
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Par Mouvement Democrate Viroflay
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Samedi 24 avril 2010
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24
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/Avr
/2010
11:16
Cher monsieur,
A peu de choses près, et notamment le distinguo euro courants / euro constants sur le montant des retraites sur ... 40 ans, votre raisonnement tient la route.
En espérant que cette "vision" du futur soit acceptable par les partenaires sociaux, ainsi que tous les gens comme vous et moi :)
Bonjour,
Je ne cherche rien de mieux que de trouver des éléments pour critiquer, en bien ou en mal, l'action du gouvernement visant à réformer l'assurance retraite.
En revanche, il me semble quelque peu étrange de comparer la croissance du PIB à celle du nombre de retraités. Le PIB est comparable au Chiffre d'affaire de notre pays, non à ses recettes. De plus, comme vous l'avez dit, 1,7% est une prévision optimiste.
Je pense que le système des retraites a bien besoin d'une refonte en profondeur. Faire le ménage parmi les obscurs et nombreux régimes spéciaux, rapprocher le régime public au régime privé, et surtout, surtout, supprimer cette idée stupide qu'on a eu un jour de "fixer" un age de la retraite.
Chaque français actif professionnellement doit pouvoir choisir de travailler plus ou moins longtemps, selon ses envies et ses possibilités. Subir des décotes de 10% juste pour un an, c'est incohérent.
Enfin et surtout, il faut revoir nos politiques de soutient à l'embauche des + de 50 ans, pour qui le marché est trop souvent fermé.
Je vous rejoins en revanche inconditionnellement sur le fait que la retraite par capitalisation n'apporte pas de solutions réelles, et ne fait que créer des dépendances parfaitement inutiles.