Protéger les droits d’auteurs des artistes est légitime; mais on ne peut que s'inquiéter de l'insistance avec laquelle le gouvernement à forcé dans la hâte le vote de cette loi HADOPI,
inefficace, technologiquement obsolète – abandonnée par tout les pays qui l'avaient adoptée – permettant de couper l’accès aux « pirates » de l’internet sans jugement d’un tribunal,
mais surtout liberticide et contraire à la législation européenne.
Au-delà de l’intention évidente de cette loi de chercher à « beurrer la tartine » des majors de la production phonographique (lisez là), l'insistance de la France, envers et contre
tous, à imposer son système ne tiendrait elle pas à un autre aspect passé sous silence et sournoisement prévu dans l'amendement 50 de la loi HADOPI ? Il prévoit discrètement la possibilité
d'évaluer des expérimentations de reconnaissance et de filtrage de contenu transitant sur internet. En clair, la voie ouverte au contrôle total des échanges ou du développement des écoutes
téléphoniques sur ligne ADSL. Le tout hors mandat judiciaire puisque qu’HADOPI pourra scruter et sanctionner sans jugement. En bref, la boite de jeu rêvée de l’apprenti dictateur.
L’Europe, pour protéger nos libertés : à la quasi unanimité (404 voix contre et 57 pour), le 6 mai dernier, le Parlement Européen, parlementaires français inclus, a voté l’amendement 138 du
projet Européen dit « Paquet Telecom ». Cet amendement fait de l'accès à internet un droit fondamental et interdit la coupure de l'accès comme sanction. Le gouvernement français,
hostile à cet amendement qui tuerait sa loi HADOPI, essaie maintenant de torpiller le Paquet Telecom dans son intégralité en faisant pression sur le Conseil Européen pour qu’il rejette le projet.
Il serait alors renvoyé en Conciliation Européenne, c'est-à-dire retardé de plusieurs mois. La loi HADOPI pourra alors être mise en œuvre et, plus tard, après adoption de l’amendement 138, cela
prendra encore quelques mois pour que la France se plie aux injonctions de l’Europe de retirer la loi HADOPI. D’ici là, les « activistes subversifs de l’internet » auront tous été
cartographiés, il sera alors temps de battre en retraite. Mission accomplie.
Loi HADOPI, des sanctions arbitraires et brutales : les solutions techniques pour recouper adresse IP et identité réelle du « pirate » sont illusoires; il est en effet très facile de se
brancher sur une "box" en WiFi et de casser la clé de chiffrement … et cela ne risque pas de changer vue l'inefficacité des protections. Ainsi donc, il vous arrivera peut être un jour d’être
« coupé » sans comprendre pourquoi. Cela, comme vous recevez peut être déjà des amendes de radars automatiques qui se moquent de savoir qui conduit la voiture dés lors qu’il y a
quelqu’un pour payer. Identiquement, HADOPI sera une machine à fabriquer des sanctions injustes sans recours judicaire réel puisqu'elle s'attache non pas à l'identité du pirate mais au
titulaire de l'abonnement internet.
Au delà du ridicule grand-guignolesque du premier vote parlementaire rejetant la loi HADOPI subsiste dorénavant le spectre planant au dessus de nos têtes de cette loi absurde mais
surtout potentiellement liberticide, dont la finalité peut être un contrôle accru d'internet et des internautes-citoyens. Après la presse écrite, les médias … à qui le tour ?
Publié dans : Prises de position
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Par Anonyme
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Lundi 18 mai 2009
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