Sans contrainte carbone, le modèle de développement économique basé sur l’adoption à l’échelle mondiale du mode de vie des pays de l’OCDE induirait une trajectoire des émissions de CO2 qui n’est
pas soutenable du point de vue climatique.
Au-delà des mesures lourdes de stabilisation des émissions de CO2 impactant les systèmes productifs, existent des options de développement différenciées touchant les infrastructures de transport
et l’organisation des zones urbaines. Ces politiques recouvrent des problématiques différentes, avec d’une part des agglomérations déjà pourvues d’importantes infrastructures et d’autre part, de
futures zones urbaines à organiser dans les prochaines décennies.
Pour répondre aux différentes options, deux modèles principaux d’organisation urbaine sont projetés : d’une part une ville étalée qui s’équipe d’un réseau de transport multimodal et d’un réseau
de production d’énergie décentralisé, d’autre part une ville concentrée, réduisant les besoins de mobilité quotidienne des personnes et des marchandises.
L’hypothèse du choix du second modèle adopté dans la majorité des villes asiatiques récentes ou en construction permet d’ores et déjà de mesurer une diminution importante du besoin de mobilité et
une baisse substantielle du trafic automobile par rapport à d’autres scénarios.
Parallèlement, pour permettre au modèle de la ville étalée, inscrit dans les territoires de beaucoup de pays développés et plus consommateur d’espace et d’énergie, d’être compatible avec une
stabilisation du climat, il est nécessaire de favoriser une large diffusion des technologies de production d’énergie décentralisée (solaire en particulier), une rénovation généralisée de
l’habitat selon des normes très basse énergie et l’adoption de véhicules électriques optimisés pour leur usage dans un système multimodal.
Pourtant, si l’on s’en tient là, même en mettant en œuvre différentes techniques de séquestration de gaz, la concentration du CO2 atmosphérique ne diminuerait pas mais tendrait au contraire à se
renforcer du fait de la demande croissante en matériaux de construction traditionnels polluants. Dès lors, la réalisation d’un scénario de stabilisation du CO2 doit s’accompagner également d’un
changement de la structure de la demande en matériaux et ouvrir de nouveaux marchés pour des solutions novatrices et à valeur ajoutée supérieure et faible empreinte carbonée.
De telles options, combinées avec un signal prix croissant des énergies fossiles, génèreraient des opportunités de croissance économique nouvelle et durable globalement plus élevée à long terme,
notamment grâce à une réduction plus rapide de la facture énergétique des ménages. Dans la majeure partie des régions du monde, le coût macroéconomique d’une telle transition vers un système peu
carboné serait concentré sur les deux ou trois décennies. A l’horizon 2050, une telle politique permettrait alors à la majorité des régions du monde d’atteindre, voire de dépasser le niveau de
PIB actuel, grâce notamment à une protection anticipée contre les tensions sur les ressources fossiles.
Encore faut-il que l’économie soit au service de la politique et non l’inverse …
Publié dans : Prises de position
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Par Anonyme
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Mardi 12 mai 2009
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