Dans « La République », Platon a jeté les bases de la distinction entre le pouvoir et l’autorité. Chez lui, l’autorité fait partie de l’ordre naturel des choses, celui de la
raison et du savoir, et s’appuie sur des valeurs éternelles. A l’inverse, le pouvoir est éphémère et doit disparaitre avec la fonction à moins d’être durablement auto-entretenu et auto-proclamé
par ceux qui l’exerce, mais par là même illégitime. Le pouvoir est donc profondément inscrit dans le présent alors que l’autorité trouve son fondement dans le passé et donc la tradition.
Machiavel, auteur politique décrié, détache le pouvoir de tout aspect transcendant, et son « Prince » ne doit sa puissance qu’à la ruse, la propagande ou la force. C’est pourquoi Hannah
Arendt définit l’autorité comme « opposée à la fois à la contrainte par la force et à la persuasion par arguments », caractéristiques du pouvoir, estimant par ailleurs que
« l’autorité a disparu du monde moderne » justement par le recul de la tradition.
Mais cette conception est-elle partagée par tous ? La dévolution du pouvoir par le corps des citoyens à un petit nombre est certes le principe de la démocratie représentative à partir
d’élections épisodiques. Tocqueville disait d’ailleurs : « Nos contemporains sont incessament travaillés par deux passions ennemies : Ils sentent le besoin d’être conduits et
l’envie de rester libres … Dans ce système les citoyens sortent un moment de la dépendance pour indiquer leur maître, et y rentrent ». Vision pessimiste ; néanmoins, la capacité et la
responsabilité des élus doivent en découler. En principe. A moins que n’interfèrent des influences diverses de non élus ou d’anciens élus, qui altèrent le pouvoir légitime qui n’est plus dès lors
qu’une enveloppe vide et manipulée au gré des intérêts particuliers ou des circonstances.
La volonté de puissance peut se traduire par une recherche d’unité souvent factice car tout refus de la pluralité est synomyme de recherche de pouvoir. La République ne peut être simplement un
mot incontournable des discours politiques. Elle doit se penser et se vivre.
A l’endroit des citoyens, le politicien anglais Harold Joseph Laski rappelait avec raison : « Partout et toujours, la condition même de la liberté est une attitude de scepticisme
général et systématique vis-à-vis des critères que le pouvoir veut imposer »
Publié dans : Prises de position
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Par MouvementDemocrateViroflay
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Dimanche 15 mars 2009
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