Non, non, vous n’avez pas loupé des élections législatives anticipées. Si en
juin 2007 vous aviez voté pour un candidat député quelconque de votre choix. C'est perdu !
La nouvelle députée de Viroflay est arrivée en parachute, de Paris, il y a
quelques jours, et n’était pas candidate à Viroflay en 2007 ! Bien sur, tout cela s’est fait sans vote, sans consultation de la population. Rien. Et surtout avec un minimum de
publicité.
Alors que s’est-il passé ? Rappelons d’abord qu’Alain Marleix, l’opportun
secrétaire d’état aux collectivités territoriales, à récemment préparé le terrain électoral par un redécoupage des circonscriptions et cantons adopté par ordonnance ! C'est-à-dire sans
débats, par ordre donc. Inutile de préciser que l’ouvrage de dentelière électorale qui a été brodé est digne d’une première aiguille de haute couture de la maison Elyséenne.
C’est sur cette «
base Marleix » que Viroflay est ainsi passée en catimini de la 1ière à la 2ième
circonscription électorale des Yvelines, d’où l’arrivée de notre
« nouvelle » députée à la place d’Etienne Pinte, pourtant, lui, régulièrement élu.
Sur cette même «
base Marleix », la « réforme » va se poursuivre pour toucher cette fois les conseils régionaux et généraux en 2014.
Le Mouvement Démocrate est favorable au rapprochement entre conseils régionaux
et généraux par l’instauration d’un même élu qui appartiendrait ainsi aux deux assemblées. Dès lors que cela permettrait de coordonner de la manière la plus efficace possible l’action des
deux collectivités locales chargées des stratégies territoriales et de la solidarité.
Rapprocher ces deux assemblées, c'est ce que prévoit la « réforme »
des collectivités territoriales. Seulement voila, tout indique que c’est là encore une occasion - prétexte pour l’Elysée d’installer encore un peu plus son pouvoir monarchique.
Explications.
Au départ, le texte de la « réforme » prévoyait un scrutin
mixte avec 80% des conseillers territoriaux élus au scrutin majoritaire et les 20% restants à la proportionnelle. Avec l’amendement parlementaire adopté en douce le 12 mai 2010 à l'Assemblée
Nationale, les députés - otages de la majorité sarkozyste ont supprimé la possibilité de triangulaire lors des 2ièmes tours de ces élections. En clair, terminés la proportionnelle, le
pluralisme et la parité.
Le prétexte fallacieux avancé pour justifier cette volte face est celui de
faire barrage au FN. Argument qui ne résiste pas à l’analyse des résultats des élections régionales de 2010, au cours desquelles le FN est arrivé en 2e position dans 34 circonscriptions sur
577 !
Alors où est l’arnaque ? Réponse : avec le système actuel, il est
possible au parti arrivé en 3ième position de se maintenir au 2ième tour. Avec la « réforme » de Sarkozy, plus de triangulaire possible. Ce sera donc :
fromage ou dessert et en plus toujours les mêmes.
Quelle consigne de vote de 2ième tour donnera alors l'UMP, là où le
PS et le FN seront face à face au 2ième tour ? Quant au PS, tout cela lui rend grandement service. C’est l’occasion rêvée de se débarrasser d’accords encombrants avec écologistes
ou l'extrême-gauche. Plus besoin d'accords et retour en fanfare aux doctrines et idéologies ancestrales. La marque de fabrique des conservatismes enkystés qui ne supporte aucune controverse,
modernisme ou nuance de pensée.
Un scrutin à 2 tours sans proportionnelle, sans triangulaire, a clairement
pour objectif d’assassiner la pluralité politique, pourtant une obligation constitutionnelle avec la parité et l’égalité des électeurs. Mais dorénavant, qui se préoccupe encore de la
constitution ? Sarkozy et sa machine de communication ont presque réussi à faire croire aux français que la constitution était un obstacle à la
« modernisation »
La proposition du Mouvement Démocrate est celle-ci :
- Les conseillers territoriaux doivent être élus pour partie (les deux tiers environ) au scrutin uninominal majoritaire de
circonscription à deux tours, assorti de règles d’encouragement à la mixité de la présentation de candidatures pour améliorer la parité.
- Le tiers
des sièges restant doit être attribué au scrutin proportionnel sur base des suffrages obtenus par les formations politiques au premier tour. Les sièges doivent être attribués aux
formations ayant dépassé le seuil de 5 % des suffrages exprimés, après prise en compte des sièges obtenus à l’issue du deuxième tour dans les circonscriptions territoriales.
Ce mode de scrutin obéit aux mêmes principes que le scrutin en vigueur en Allemagne, il permet de satisfaire à la
fois tous les critères d’une représentation équitable, territoriale, paritaire et pluraliste.
Il faut ajouter, de surcroît, que s’agissant d’élire une assemblée territoriale
unique, là où deux assemblées existaient préalablement avec deux règles de représentation différentes, le défaut d’équité de la représentation électorale menace le pluralisme et la démocratie,
pour n’être plus que l’instrument de l'hégémonie d’une majorité sur des presques- majorités, écartées de la représentation.
Le débat est le fondement de la démocratie. Tout ce qui concoure à faire taire ou
étouffer les voix du pluralisme procède d’une tentation dictatoriale.